Au cours des dernières années, plusieurs fermes de réinsertion ont éclos au sein du Mouvement Emmäus. Leur but : réapprendre la liberté à des Hommes qui sortent de longues peines de prison, par la nature. Si chacune a ses spécificités, elles s’inscrivent dans un mouvement très populaire aujourd’hui qui prône un retour à la terre pour se retrouver.

 

La ferme Emmaüs de Moyembrie : la précurseure

 

La ferme de Moyembrie est nichée dans le petit village de Coucy-le-Château, dans l’Aisne. Geneviève et Jacques, un couple soucieux de la nature cherche à mettre en avant une alternative de réinsertion par le travail de la terre.

Cela a commencé par la reprise d’un terrain de 24 hectares en 1990, rien que ça ! À la ferme, les 20 résidents en placement travaillent au coeur de la nature ! De l’élevage au maraichage, à la cuisine : il faut bien s’occuper de tous ces bons produits bio. Ceux-ci seront ensuite consommés sur place ou vendus aux 6 AMAP partenaires.

Simon Yverneau, encadrant à la ferme, explique que c’est ce travail qui est bénéfique aux détenus. En effet, il leur permet de reprendre une activité, de se sentir en mouvement. Par ailleurs, cela les aide à reprendre le goût de l’autonomie, mis à mal lors de leur séjour en prison.

ferme moyembrie

La ferme a accueilli plus de 500 personnes depuis 2000 et plus de la moitié des personnes accueillies obtiennent une sortie positive. Trois mois après leur passage à la ferme, elles sont en emploi, en formation, dans une communauté Emmaüs.

Par ailleurs, tous les résidents sortent avec une solution de logement ou d’hébergement. Une solution de réinsertion efficace. D’autant plus quand on sait qu’un hébergement à Moyembrie coûte 35€ par jour à l’administration pénitentiaire, soit 3 fois moins qu’une place de prison.

 

La ferme de Baudonne : dans les fermes de réinsertion, une première Emmaüs pour les femmes

« Ces femmes qui, a force d’être niées par la société, ont fini par se nier elles-mêmes, nous allons les aider à retrouver leur identité »

Si les femmes représentent moins de 3,5% de la population carcérale, leur sortie de prison s’avère pourtant plus compliquée que pour les hommes. En effet, la stigmatisation dont elles souffrent est forte et le traumatisme porté par les femmes détenues parfois plus violent. Il est également  tout aussi difficile pour elles de retrouver un travail ou un logement.

Gabi Mouesca, le fondateur de ce lieu est un grand connaisseur des conditions de détention pour l’avoir étudié et vécu de l’intérieur. Il revendique la nécessité d’une structure spécifique pour les femmes pour pallier la difficulté de réinsertion.

 

Le lieu idéal qu’il crée est une ferme qui porte les valeurs du mouvement Emmaüs. Une ferme ou se rencontreront des détenues en fin de peine. Y seront conviés également les visiteurs de la société civile. A côté de la ferme, une école alternative a ouvert ses portes en septembre. Gariel Mouesca porte en en effet plusieurs rêves d’harmonie avec la nature et avec l’humain. Ce qui compte à la ferme d’Emmaüs Baudonne c’est donc la rencontre, le partage, l’équilibre apporté par le contact avec la terre.

 

Si l’équipe n’accueillera les premières femmes qu’en cette fin d’année, tout a été préparé pour les recevoir dans les meilleures conditions possibles. Elles bénéficieront chacune d’une chambre personnelle, lieu dans lequel elles pourront se reconstruire. Par ailleurs, Alexandre, le maraicher de la ferme, prépare le terrain qui sera cultivable très bientôt.

 

ferme baudonne

 

La ferme Emmaüs-Lespinassière

 

La « petite soeur » de Moyembrie accueille depuis 2018 des détenus en fin de peine. Située dans l’Aude, cette ferme de 2 hectares est très prolifique et pleine de projets. La Fondation du Crédit Coopératif, qui récompense les projets sociaux et solidaires, a primé deux fois le projet pour son activité.

Et la ferme fait aussi l’unanimité dans le village dans lequel elle est implantée, et à qui elle distribue ses denrées. Si la ferme déborde de personnes motivées pour la faire grandir, il reste encore plusieurs aménagements à prévoir. Par exemple, l’équipe devrait terminer l’implantation d’une serre aquaponique  d’ici peu.

 

 

Et voici notre article sur les 3 fermes de réinsertion du mouvement Emmaüs ! N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous avez déjà eu l’occasion de visiter l’une des fermes ou si vous connaissez d’autres lieux similaires ! 

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